En fait-on assez pour accompagner la nouvelle génération sur le marché de l’emploi ?

Dernière mise à jour : il y a 6 jours



Cette question me trotte dans la tête depuis déjà quelque temps. Plusieurs raisons ont provoqué cette prise de conscience :


  • Dans ma pratique RH, je constate les difficultés grandissantes à faire vivre des équipes composées de générations différentes.

  • Les tentatives décevantes des entreprises à répondre aux besoins et attentes professionnels de la jeune génération.

  • Le fossé entre les attentes académiques et compétences professionnelles attendues.

  • Le traitement des jeunes pendant la pandémie (privés de stages, de petits boulots…).



Que se passe-t-il sur la planète travail pour les nouvelles générations ?


J’ai pu aborder le sujet d’un point de vue terrain grâce à ma pratique RH et 2 missions d’insertion professionnelle à destination du public « jeunes » :


- Objectif premier emploi de la région Île-de-France ; expérience pilote pour accompagner des lycéens issus de filières professionnelles vers l’emploi


- L’école de la deuxième chance, organismes de formation qui accompagnent sur toute la France les 16 – 25 ans dans la construction de leur projet professionnel par l’enquête métier, la remise à niveau et différents stages de découverte de l’entreprise.


À ma question initiale, en fait-on suffisamment pour accompagner nos jeunes vers l’emploi, ma réponse est bien évidemment NON.


Auriez-vous aimé avoir 20 ans en 2022 ?


Collectivement, nous sommes irrémédiablement en dessous de ce qui est nécessaire pour insérer professionnellement la jeune génération.



3 causes principales :


1. Notre pays, culturellement, n’arrive pas à dépasser la logique du diplôme comme échelle de valeurs sociales.


2. Des jeunes qui ne trouvent pas leur place dans le système scolaire et se retrouvent dépourvus des connaissances de base (écrire et compter). Et j’ose à peine évoquer la notion de savoir-être…


3. Un système éducatif en rupture avec le monde professionnel. Il est inimaginable pour moi d’arriver à la fin d’un cycle scolaire sans avoir un CV professionnel à présenter à un futur employeur. Or, sur la base de mon expérience en école, sur chaque promo en début de cycle, seuls 9 % des jeunes possédaient un CV et une idée même vague de leur futur métier (2 élèves sur une promo de 22).


Je partage ici 3 propositions issues de ces expériences terrain et mon métier de RH.

Première proposition : systématiser l’apprentissage de la rédaction d’un CV… qui décroche des entretiens dès le collège et le lycée.


Deuxième proposition : développer les stages de découverte en entreprise de façon répétée et d’une durée de plus d’une semaine.

Je m’étonne toujours de constater que culturellement nous sommes globalement à l’aise avec le fait que l’on puisse arriver à 18 ans sans avoir une idée même imprécise de la première direction qu’un jeune va donner à sa vie professionnelle. À quoi ont donc servi ces 18 années premières années ?

Donnons la chance aux jeunes de tester, d’expérimenter, de se tromper et ainsi d’affiner leur projet.




Troisième proposition : responsabiliser

Je ne tomberais pas dans le piège bien tentant de faire porter toute la responsabilité sur le système, car ce serait ignorer la part de responsabilité qui relève du jeune.


En effet, je constate un réel décalage entre les jeunes qui acceptent de rentrer dans un dispositif d’accompagnement vers l’emploi pour construire un projet de vie et ceux qui arrivent en pensant que de toute façon trouver un emploi est impossible, trop dur, trop injuste, etc. …


Prendre conscience des réalités professionnelles et financières de la vie de travailleur par l’apprentissage des codes de l’entreprise, la connaissance de soi, l’éducation financière sont autant d’actions qui tendent à responsabiliser les jeunes

Cet article est aussi l’occasion de :


  • faire remonter à la surface un sujet, qui trop souvent, est éclipsé par une actualité sanitaire et mondiale omniprésente.

  • saluer ces initiatives.

  • remercier chaque chef d'établissement, chef de site, chaque professeur de m’avoir fait confiance dans l’accompagnement de promos de jeunes.

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